Tout ce à quoi il faut penser
12 sept 2009 Laisser un commentaire
in Rentrée, Tribulations de prof Tags:cours, Rentrée
La première semaine est toujours mouvementée pour tout le monde, on dirait bien, et donc je n’ai pas fait exception à la règle. J’avais déjà assez à faire comme cela avec mes premières séquences de cours qui me semblent totalement éclatées de partout, puisque bien sûr, je n’arrive pas encore à bien tenir le timing et me retrouve à finir le cours suivant ce que j’avais commencé la veille. Là, je travaille sur mes séquences n°2, et cela me semble déjà un peu moins brouillon. Il faudra que je teste à l’usage.
J’ai donné le “contrat” à lire et à signer par les élèves et les parents. J’espère que de mon côté, j’arriverai à le tenir, car entre toutes les choses relevées après observation par et de ma tutrice, je ne sais vraiment pas où donner de la tête. Je vais me concentrer pour le moment sur deux points qui me paraissent vraiment essentiels:
- Mieux animer la classe, mieux enchaîner les activités, plus rapidement. Je concède que j’ai encore beaucoup de mal, et certainement le fait d’avoir le nez dans mes notes n’aide pas. Or, si je ne regarde pas régulièrement mon plan de cours, j’oublie la moitié en route. Il va me falloir un certain temps pour être à l’aise sur ce plan. Mais le jeu en vaut la chandelle, et je me dis que régler ce problème contribuerait aussi à régler partiellement le suivant.
- Réprimer le “bruit de fond” dans la classe. En fait, je crois que j”ai un seuil de tolérance trop élevé à ce genre de choses (à vivre depuis plus de deux ans à côté d’une route où les camions passent même à 3h du matin, on développe une certaine résistance si on veut continuer à dormir…), ce qui veut dire qu’en fait, je ne remarque les perturbations qu’à un moment qui serait sans doute déjà insupportable pour quelqu’un d’autre. Je n’ai pas eu de soucis d’élèves violents, insultants, insolents, je continue de croiser les doigts, d’ailleurs; le problème est donc plutôt du côté bavardages/dissipation de l’attention.
Du côté des choses positives:
- Je garde un calme olympien. Déjà parce que j’ai la flemme de m’énerver et de crier, ensuite parce que… heu, parce que c’est comme ça?
- Je renvoie apparemment une impression de “force tranquille”. Et ce n’est pas la première fois qu’on me le dit. Si je devais être un élément, je serais “la Terre”, très clairement.
- J”ai adopté d’instinct une organisation plutôt logique du tableau et une utilisation de couleurs différentes pour la trace écrite. C’est loin d’être parfait, mais ça fonctionne bien.
- Je suis motivée par ce que je fais (bah oui, c’est important, non?).
- Difficile à croire, d’autant plus que c’était LE point au sujet duquel j’étais le plus inquiète, mais: aucun tic pendant que je donne mes cours. Strictement aucun. On dirait bien que j’atteins un niveau de concentration suffisant pour que cela les “réprime”, et c’est tant mieux! (Et oui. Je suis une prof Tourette.)
Cette première vraie semaine de cours a été riche en micro-expériences qui m’ont déjà appris beaucoup de choses — choses que bien évidemment je ne vais pas arriver à mettre en oeuvre tout de suite, bien qu’elles paraissent terriblement évidentes, au point de se dire “pourquoi n’y ai-je pas pensé dès le débaprt?!” Enfin, ça, c’est sur le terrain. En ce qui concerne la rentrée générale des stagiaires, disons juste que si c’était pour nous dire “allez sur le site pour vous préparer tout seuls comme des grands au C2i2e”, on n’aurait pas eu besoin de passer trois heures de “formation” sur ça. Bref. No comment.
A la rencontre de mes classes
05 sept 2009 Laisser un commentaire
in Collège, Rentrée Tags:cours, Rentrée
Chose promise, chose due: voici le compte-rendu de ma toute première journée de cours, de vrais cours de collège, seule face à mes classes (j’ai décidé avec ma tutrice qu’elle ne viendrait pas m’observer lors de cette séance, mais à la suivante, pour que je sois directement “dans le bain”).
Pour commencer, mes pires craintes côté comportement ne se sont pas réalisées (oui, j’imagine toujours le pire: en général, la réalité ne va jamais aussi loin). Mes élèves étaient plutôt calmes, surtout les 5ème à 8h du matin; peut-être même un peu trop, car pour les 4ème l’après-midi, j’ai eu la nette impression d’une apathie certaine. J’espère que lorsque j’aurai acquis plus de bouteille, je saurai les réveiller un peu. Je pense aussi que je vais avoir à en visser quelques uns niveau discipline dans les semaines à venir, pour l’exemple; je pense donne l’impression d’une “prof cool”, et malheureusement, mon seuil de tolérance à beaucoup de choses est assez élevé. Bon point: je reste calme et ne crie pas. mauvais point: il faudrait voir à ce que je percute consciemment que “là, il y a du bruit”. Déjà que j’ai une liste longue comme mon bras de petits détails dont tenir compte…
Au moins je me suis très vite décoincée de derrière le bureau pour venir circuler le long du U. Ca, par contre, c’est une habitude que je vais très vite prendre: je n’aime pas rester en place longtemps. (Comme eux, quoi.
)
Bon, je ne vais pas faire la liste de toutes les choses que j’ai notées après coup, cela serait juste trop long. Soit je suis très critique, soit j’ai commis beaucoup d’erreurs. D’un autre côté, si tous les enseignants avaient tous un timing parfait et des cours parfaits dès leur première journée, cela ce saurait et il n’y aurait pas besoin d’année de stage, n’est-ce pas? Ceci dit, j’admets qu’oublier mes transparents pour le deuxième cours dans mon casier, soigneusement rangés dans… la pochette de l’autre classe, ce n’était vraiment pas malin. En d’autres termes, j’ai dû improviser avec mes 4ème, et je pense avoir hélas passé sous silence certaines choses, dans le feu de l’action.
Quant au contenu de mon premier cours, justement: dans les deux classes, j’ai commence par me “débarrasser” des “détails administratifs”. Je ne leur ai pas fait remplir de petites feuilles, du moins pas encore (j’y songe quand même, en anglais bien sûr); par contre, je leur ai assigné leurs places par ordre alphabétique (c’est plus facile pour retenir leurs noms et éventuellement éviter trop de bavardages de couples déjà soudés), je leur ai présenté le matériel, signalé que je n’utiliserais pas de workbook cette année, et parlé avec eux des “règles” qui rendraient la vie de classe meilleure pour tous. Ensuite, un peu de réactivation de classroom English (objets de la trousse…), puis les présentations.
Et là, deux parcours totalement différents:
- Les 5ème étaient enthousiastes, mais je me suis aperçue que certains avaient beaucoup de difficultés encore avec l’alphabet, par exemple. Du coup, quand j’ai voulu obtenir une trace écrite en faisant écrire un élève au tableau, on a passé cinq minutes sur une phrase de quatre mots, le temps de l’épeler. La prochaine TE, ce sera pour ma pomme, je crois. Par conséquent, pour les prochains cours, je vais utiliser en warming up un jeu du pendu, pour réactiver l’alphabet et aussi introduire un thème de leçon/du lexique en rapport avec la leçon. Et repasser sur les nombres et les jours de la semaine.
- Les 4ème sont allés beaucoup plus vite sur ce point, avec des phrases plus longues et plus diversifiées. Normal. Sauf que je n’arrive pas à estimer si c’était trop facile pour la majorité et qu’ils étaient mous parce qu’ils s’ennuyaient, ou trop facile juste pour 2-3 élèves avec les autres qui souffrent en silence derrière et répètent sans comprendre. Je prévois aussi déjà un cafouillage dans l’activité que j’ai donné à faire à domicile, car j’ai mal géré mon temps sur la fin et tout est allé un peu vite dan la consigne. Maintenant, au moins, je saurai mieux garder l’oeil sur ma montre pour cela.
Pour résumer: j’ai pu prendre un peu de recul pour analyser ces deux cours, et je vais m’en servir dès lundi pour essayer d’améliorer les choses autant que possible. J’espère vraiment que je vais vite y arriver, car tout ce temps passé durant l’heure à réfléchir sur les petits détails, je trouve que ça m’empêche de bien les faire parler et d’animer un peu plus la classe.
Une semaine bien chargée
04 sept 2009 2 Commentaires
in Collège, Rentrée, Tribulations de prof Tags:Rentrée
Cette première semaine en tant que professeur-stagiaire démarre sur les chapeaux de roue. Mais bien que je sois déjà assez fatiguée, j’aime assez être occupée, finalement, et par conséquent tout va bien.
Lundi: rentrée IUFM, et remplissage d’un wagon de TER par tout un troupeau de stagiaires. Le réveil fut difficile pour beaucoup, vu l’heure à laquelle partait le train… Ensuite, rencontre classique avec les mutuelles, présentation de la formation (pas assez de tables! ni de chaises!), et distribution d’enveloppes contenant toute la paperasse à remplir (the red tape m’a tuer… sérieusement, remplir tout cela est plus stressant pour moi que tout le reste). L’après-midi a été consacrée à la constitution de deux groupes — stagiaires en collège pour les uns, stagiaires en lycée pour les autres — et à une petite formation sur “comment préparer sa première heure de cours”. Comme c’est à peu de choses près ce que j’avais déjà prévu de faire, avec aval de ma tutrice, cela m’a quelque peu rassurée.
Mardi: pré-rentrée dans nos établissements d’affectation respectifs. J’en ai profité pour faire visiter le collège à l’autre stagiaire (qui est en sciences, elle, pas en anglais), puisque j’étais déjà venue, et en apprendre plus sur la discipline en vigueur, le remplissage des feuilles d’absence, etc. L’amicale organisait le repas pour midi, ce qui était idéal pour faire plus ample connaissance avec certains — car au petit-déjeuner à 8h30, j’avoue que j’ai salué tout le monde, mais oublié à peu près aussi vite les trois-quarts des noms… Cela viendra, cela viendra. Je le jure. De même que je me ferai assez vite, je pense, aux feuilles d’absences à remplir et au cahier de textes.
Mercredi avait lieu la rentrée des sixièmes. Même si je n’en ai pas cette année, ma tutrice est PP, et m’a proposé d’assister à la prise en main de sa classe. Cela a été hautement instructif, à commencer par l’occasion qui m’a ainsi été offerte d’apprendre à mieux observer les élèves, essayer de repérer ceux qui étaient perdus, à qui il fallait ré-expliquer trois fois les choses, ou encore ceux qui risquaient de poser des problèmes de comportement. Cela m’a aussi rappelé à quel point on est jeune quand on entre en sixième, et qu’on a encore besoin d’être pris par la main. Bref, une piqûre de rappel fort utile! (Cerise sur le gâteau, j’ai pu du coup leur être présentée comme “une collègue avec qui nous travaillerons ensemble cette année”: de la sorte, quand je viendrai observer leurs cours, il n’y aura pas de surprise pour eux, et pas besoin d’expliquer ni de mentionner quel est mon “rôle” exact.)
Jeudi: deuxième journée à l’IUFM. Re-remplissage de wagon, à une heure un peu plus décente, cette fois, et ce, même s’il nous faut nous hâter pour aller à l’IUFm en sortant de la gare. Au moins, si nous devons arriver en retard à cause d’un accident sur la voie ou autre, nous serons en retard tous en même temps. Cette fois, nous avons eu droit à une journée entière de formation didactique sur la préparation de notre première séquence (applicable en sixième, mais avec des indications pour les autres niveaux de collège). Ce qui m’inquiète le plus est l’absence quasi-totale de supports dans mon humble demeure pour mettre en oeuvre tout cela: je n’ai pas de flash cards, encore moins de documents variés, quant aux transparents, je suis pour le moment obligée d’aller mendier auprès de l’établissement, à défaut d’avoir déjà eu mon premier salaire. En fait, en dehors de mes préparations de cours, c’est surtout cela qui m’a pris du temps cette semaine: essayer de mettre déjà au point le plus de documents possibles à ce niveau-là, pour mes deux classes. Pour les autres niveaux, on verra plus tard… comme beaucoup de choses, hélas.
L’un dans l’autre, tout s’est plutôt bien passé cette semaine. J’apprécierais néanmoins de ne plus faire de cauchemars de stress tous plus bizarres les uns que les autres, impliquant ma soeur enceinte, l’un de mes ex-enseignants en linguistique et une classe entière armée de perceuses et de scies dans un amphi rempli à craquer. J’en ai vraiment assez de ne dormir que jusqu’à 4h30 ou 5h.
Demain, je vous parlerai de mon premier VRAI jour de classe.